« Le préfet de l'Yonne connaît-il l'accord qui a été signé en mai entre la France et le Sénégal à propos des sans-papiers ? » Tout comme la cinquantaine de manifestants qui se sont rassemblés, hier, devant la préfecture à Auxerre, pour protester contre l'expulsion de Jibril Tall orchestrée la veille (lire notre édition d'hier), Pascale Marlin, représentante de l'union départementale CGT, s'interroge. « Depuis cet accord, les services de l'Etat se doivent d'étudier attentivement les dossiers des Sénégalais qui se trouvent sur le territoire français et doivent leur accorder un droit au séjour pour des raisons familiales ou professionnelles. Jibril Tall a une petite fille, cela justifie amplement une étude de son dossier. »
La Cimade, soutenue par Alain Raymont, conseiller municipal d'opposition, la Ligue des droits de l'homme, les syndicats enseignants, Amnesty international et bien d'autres ne comptent pas en rester là après l'expulsion de Jibril Tall. « C'était un véritable enlèvement !», a insisté Ariane Grosjean, responsable de la Cimade.
«On ne l'a même pas laissé dire au revoir à sa famille ni prendre quelques affaires. Jibril n'a pas eu la possibilité de tenter un quelconque recours, c'est inadmissible. Nous allons demander à l'Etat de faire en sorte que l'ambassade de France lui donne les moyens de revenir. »
Une délégation a été reçue, hier, à la préfecture. « L'objectif est de faire comprendre qu'ils ont fait une erreur, mais aussi de faire instruire ce dossier en priorité », a souligné Ariane Grosjean. Du côté des services de l'Etat, il a simplement été rappelé qu'il s'agit d'une application de la loi suite à l'arrêté d'expulsion dont Jibril Tall faisait l'objet.
La compagne de Jibril Tall, présente aux côtés des manifestants, a expliqué que « là-bas, il n'a rien et je n'ai même pas pu lui donner un peu d'argent. Je l'ai eu au téléphone très rapidement et c'est très dur pour lui ».